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Commerce extérieur - Août 2010Les données du commerce extérieur français du mois d’août s’inscrivent parfaitement dans la tendance des derniers mois : les échanges extérieurs de la France continuent de se redresser à un rythme soutenu après l’effondrement de 2009, mais les exportations sont moins dynamiques que les importations, ce qui s’est traduit par une hausse du déficit commercial à 4,93 milliards d’euros en août (contre 4,42 milliards en juillet).
Les données cumulées sur la période janvier-aout témoignent d’une nette reprise des échanges extérieurs par rapport à la même période de 2009, mais il reste du chemin à parcourir pour rattraper le retard de croissance imposé par la crise. Au cours des huit premiers mois de l’année dernière, le commerce extérieur de la France (exportations + importations) affichait une baisse de 20% en valeur en glissement annuel. La hausse enregistrée cette année est de l’ordre de 12% et elle a permis aux exportations et aux importations françaises de retrouver leur niveau de…la fin 2007 !
Bien que les exportations et les importations aient progressé à des rythmes comparables cette année, un écart de croissance s’est néanmoins creusé entre les deux, en la faveur des importations. Bilan : le déficit cumulé au cours des huit premiers mois de l’année s’élève à 33,7 milliards d’euros, soit environ 6 milliards de plus que l’année dernière. Cette lourde détérioration de la balance commerciale est en large partie imputable à la hausse de la facture énergétique. Le déficit en produits énergétiques s’est en effet alourdi de plus de 5 milliards d’euros par rapport à l’année dernière, ce qui est normal dans la mesure où le pétrole a été, sur les 8 premiers mois de 2010, environ 40% plus cher qu’au cours de la même période de l’année précédente. Il est plus inquiétant de constater que l’industrie manufacturière est également responsable de cette dégradation des comptes extérieurs de la France, et ce à l’heure de la reprise du commerce mondiale. Les secteurs industriels dont le solde commercial s’est le plus dégradé sont les équipements mécaniques et le matériel électrique et électronique (affichant une hausse de plus de 4 milliards de son déficit) et la métallurgie. En revanche, l’excédent de la France s’est sensiblement amélioré dans le matériel de transport (+4,7 milliards d’euros par rapport à 2009 grâce notamment au secteur aéronautique), et dans la branche agroalimentaire (+1,4 milliard). Les secteurs aéronautiques, pharmaceutique et celui des cosmétiques et de la parfumerie sont également ceux qui ont tiré la croissance des exportations françaises, avec des progressions supérieures à 10% en glissement annuel. A l’inverse, les secteurs traditionnels, comme le textile, l’habillement-cuir ou l’industrie du bois-papier ont enregistré des performances bien inférieures à la moyenne de l’industrie manufacturière. La crise mondiale de 2008-2009 aura ainsi contribué à accélérer la transformation structurelle de l’export hexagonal, au détriment des secteurs les plus exposés à la concurrence directe des grandes économies émergentes. La décomposition géographique des données confirme quant à elle que la reprise du commerce mondial est bel et bien tirée par la demande des économies émergentes. Les exportations françaises vers la Chine ont progressé de 45% en valeur par rapport à l’année dernière, soit à un rythme quatre fois plus soutenu que celles à destination de l’Union européenne. Celles vers la Russie sont en hausse de 27%. Ces performances sont en partie attribuables à la forte dépréciation de l’euro intervenue entre la fin de 2009 et le début de l’été 2010, mais surtout au dynamisme de la demande issue des grandes économies émergentes. Malheureusement, l’industrie française ne pourra bénéficier que marginalement de cette manne. D’une part les BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) représentent moins de 6% des exportations hexagonales (contre 9%, par exemple, des exportations allemandes). D’autre part, seul un nombre limité de secteurs peut profiter pleinement de l’essor de la demande issue des pays émergents (l’industrie aéronautique tout particulièrement, représentant à elle seule près du cinquième des exportations hexagonales vers la Chine). Si on ajoute à cela le fait que la dépréciation de l’euro est désormais un souvenir, nous comprenons pourquoi les exportations françaises, bien qu’en reprise, afficheront une croissance bien inférieure à celle du commerce mondial en 2010. Alexander LAW Chef Economiste Xerfi 13-15, rue de Calais 75009 Paris Tel : 01 53 21 85 51 Dimanche 10 Octobre 2010
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