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Commerce extérieur - novembre 2010


C’est un certain retour à la normale en novembre pour le commerce extérieur de la France.



Alexander Law
Alexander Law
Le hic, c’est que cette normalisation se traduit par un creusement du déficit commercial qui passe à 3,869 milliards d’euros soit 150 millions d’euros de plus qu’en octobre. Nous demeurons cependant loin de la pointe enregistrée à 4,6 milliards en septembre. D’une certaine manière, cette évolution est positive puisqu’elle traduit un regain des importations lié à la remise en marche de l’économie française et à un léger surcroît de la demande. Toutefois, la livraison de ce jour, et plus globalement l’ensemble des chiffres publiés sur 2010, montrent que la France ne pourra pas compter sur ses échanges extérieurs pour dynamiser durablement son économie. Certes, un certain rééquilibrage est souhaitable et nécessaire, mais il est illusoire d’espérer atteindre des performances commerciales équivalentes à celles de l’Allemagne. C’est un constat qui doit être déterminant dans l’élaboration de la stratégie économique de la France pour les prochaines années.

En novembre, les importations ont bondi à 38,9 milliards d’euros sous l’effet notamment du réapprovisionnement du pays en hydrocarbures à la suite de la reprise de l’activité des terminaux pétroliers et des raffineries. Les achats de produits raffinés ont également augmenté du fait de l’attente de la montée en régime des raffineries situées sur le territoire national.

Du côté des exportations, comme à l’habitude ce sont les ventes de matériels de transport qui ont donné le tempo de la hausse de 8,6% enregistrée en novembre. Ainsi, 22 Airbus ont été livrés pour un montant total de 1,6 milliards d’euros. Les produits agricoles ont également participé de ce mouvement, en particulier dans le domaine du blé (nette poussée des ventes vers l’Afrique). A noter également que l’approche des fêtes de fin d’année a dopé nos livraisons de champagne vers les pays limitrophes, mais aussi au grand large (Etats-Unis, Chine).

Le débat sur le déficit extérieur de la France se focalise très (trop ?) souvent sur le rôle de l’euro et la menace montante de la Chine (ou, en inversant le problème, de l’incapacité chronique de la France à profiter de la forte demande émanant des pays émergents). Bien entendu, la dépréciation récente de l’euro soulagera les exportateurs français qui sont bien à la peine lorsque la devise européenne tutoie les 1,50 dollar. Mais le problème majeur se situe bel et bien au sein de la zone euro et pas dans nos rapports avec nos partenaires des autres continents. C’est bien simple, sur les 3,869 milliards d’euros de déficit enregistrés en novembre, près des trois quarts étaient liés à un manque à gagner vis-à-vis de nos homologues de la zone euro. Avec en chef de file l’Allemagne. Dans une vraie zone monétaire et économique, où les stratégies seraient concertées et où la cohésion serait de mise, il n’y aurait strictement aucun problème. Mais, dans la situation actuelle, où chaque pays suit une politique économique sans se soucier de la répercussion sur ses voisins et « partenaires », cet état de fait est singulièrement inquiétant.

Sur les douze derniers mois connus, le déficit commercial de la France dépasse allègrement les 50 milliards d’euros. Qu’il parait loin le temps où les comptes étaient équilibrés ! Cela ne remonte pourtant qu’à 2004, signe de la rapidité de la dégradation. Dans ces conditions, nous n’anticipons guère d’amélioration pour 2011, d’autant plus que la situation économique de nos principaux débouchés (Espagne, Royaume-Uni, Allemagne même) ne sera pas franchement flamboyante.

Alexander LAW
Chef Economiste
Xerfi
13-15, rue de Calais
75009 Paris
Tel : 01 53 21 85 51

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www.tresonews.fr

Mercredi 12 Janvier 2011
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