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Commerce extérieur - septembre 2010La reprise des échanges commerciaux de la France s’est enrayée en septembre.
Les données de ce mois rompent avec la tendance haussière observée depuis l’été 2009, en faisant état d’un recul d’environ 3% des exportations et des importations par rapport au mois dernier. La baisse a été légèrement plus forte du côté des importations, ce qui se traduit par une réduction du déficit commercial français, à 4,68 milliards d’euros contre 4,98 milliards en août (chiffre révisé en septembre). Certes, les données mensuelles du commerce extérieur sont assez volatiles et il ne faut pas donner trop d’importance à une baisse ponctuelle des flux.
Une rupture de tendance similaire a été observée en mai, et par la suite les exportations comme les importations avaient affiché trois mois consécutifs de hausse. Reste néanmoins le fait qu’avec la baisse de septembre, les exportations françaises reviennent pratiquement à leur niveau de juin. Et ce recul est d’autant plus embêtant pour l’activité industrielle du pays que le chemin à accomplir pour récupérer l’effondrement de l’activité dû à la crise de 2008-2009 est encore très long. Pour s’en rendre compte, il suffit de constater que les exportations françaises évoluent actuellement à des valeurs comparables à celles enregistrées au début de 2006 ! Le recul des exportations en septembre s’explique essentiellement par une mauvaise performance de deux fleurons de l’industrie hexagonale : l’aéronautique et la pharmacie. Quand ces secteurs vont mal, l’export français va mal. Et c’est bien normal compte tenu du poids croissant que ces secteurs ont dans l’activité industrielle du pays. La part de l’aéronautique dans les exportations françaises, par exemple, est 4 fois plus importante que le poids de ce secteur dans le commerce mondial total. Si l’on se réfère à un horizon temporel de plus long terme, ce sont ces mêmes secteurs qui ont tiré la reprise des exportations françaises au cours des trois premiers trimestres de 2010, en apportant une contribution positive au solde commercial de la France. L’excédent dans le secteur des matériels de transport s’est amélioré de plus de 4 milliards d’euros par rapport aux neuf premiers mois de 2009, tandis que le déficit total de la France se dégradait, quant à lui, de 7,7 milliards (passant de 30,6 à 38,3 milliards d’euros). La performance globale du commerce extérieur a certes été plombée par la facture énergétique (qui s’est alourdie de plus de 6 milliards par rapport à 2009, en raison du renchérissement du pétrole). Mais certains secteurs de l’industrie manufacturière, comme les produits électroniques et mécaniques, le textile-habillement ou le bois-papier) ont également apporté une contribution négative à l’évolution du solde commercial. Nous avons donc pu constater que la crise de 2008-2009 a accélérée la transformation structurelle de l’industrie exportatrice hexagonale, au détriment des secteurs les plus exposés à la concurrence directes des économies émergentes et au profit des industries où la France détient un « avantage comparatif » fort. La décomposition géographique des données confirme que les grandes économies émergentes ont fortement contribué à la reprise du commerce mondial (et français) en 2010. Les exportations françaises vers la Chine, la Turquie et la Russie ont progressé, respectivement, de 42%, 24% et 21% au cours des trois premiers trimestres de 2009, tandis que celles à destination de l’Union Européenne n’ont augmenté que de 9,3%. Malheureusement, les grands pays émergents ont encore un poids trop faible dans l’export hexagonal. Les BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) représentent moins de 6% des exportations françaises, contre près de 9% des exportations allemandes. C’est l’un des facteurs qui explique, en partie, le différentiel de croissance entre les exportations françaises et allemandes sur la période janvierseptembre 2010 : +11% pour les premières, contre +19% pour les secondes. Alexander LAW Chef Economiste Xerfi 13-15, rue de Calais 75009 Paris Tel : 01 53 21 85 51 Lundi 15 Novembre 2010
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