Confiance des ménages - décembre 2009Le climat de confiance reste maussade en France. Pour la première fois depuis 4 mois, l’indicateur résumé de confiance des ménages s’est replié en décembre. Bien entendu, le repli est minime (-1 point). Bien entendu, le moral des ménages est bien meilleur qu’il ne l’était l’année passée à pareille époque, mais le blues ne s’est pas soudainement dissipé.
Au total, l’indicateur calculé par l’Insee demeure très inférieur à sa moyenne de long terme ce qui tend à confirmer que si les Français ont bien pris note que la récession a pris fin, ils considèrent tout de même que la crise est loin, très loin d’être finie. Il est vrai que les menaces sont encore légion : le chômage continue de remonter, le pouvoir d’achat est sous très haute tension et la visibilité conjoncturelle est particulièrement faible. En d’autres termes, les perspectives pour la consommation en ce début d’année 2010 ne sont pas fameuses.
L’analyse des chiffres de ce jour met en lumière une dichotomie entre la situation passée et les anticipations des ménages. D’un côté, les Français indiquent que leur situation financière personnelle de même que leur niveau de vie se sont stabilisés voire même améliorés ces dernières semaines, ce qui semble cohérent avec une nouvelle progression (modeste) du PIB au quatrième trimestre de 2009. En revanche, ils sont plus pessimistes concernant les mois à venir : les indicateurs relatifs à l’évolution du niveau de vie, de la situation financière et de l’opportunité de faire des achats importants se détériorent légèrement en décembre. La suppression par paliers de la prime à la casse devrait d’ailleurs briser l’élan de la consommation des biens durables : les achats de véhicules ont été anticipés pour profiter à plein des anticipations gouvernementales et une longue pause devrait ainsi être observée à compter de la mi-2010. Les ménages sont tout de même un peu moins méfiants en ce qui concerne le chômage : l’indice correspondant recule d’un point mais reste à un niveau très élevé. Nous partageons leur sentiment que les destructions de postes vont se poursuivre dans un avenir proche mais à un rythme plus modéré qu’en 2009. Il n’en demeure pas moins qu’il s’agit là du principal danger qui guette l’économie française : faute de visibilité et soucieux de préserver leur trésorerie, les entreprises seront réticentes à recruter, de sorte qu’une amélioration sur le front de l’emploi n’est pas à attendre avant le second semestre de cette année. Il est difficile de tirer des conclusions décisives de mouvements aussi microscopiques. Mais ce n’est pas prendre trop de risques que d’avancer que les Français ont dû être contents de tourner la page d’une année 2009 qui aura été éprouvante par bien des aspects sur le plan économique. Sauf nouvel aléa, 2010 devrait être moins difficile, mais la reprise, la vraie, ne sera pas encore d’actualité tant que l’emploi ne sera pas reparti et que la consommation se sera durablement raffermie. Moral des ménages et consommation Indicateur synthétique et variation en ga – Données mensuelles – Source : INSEE
Alexander LAW
Chef Economiste Xerfi 13-15, rue de Calais 75009 Paris Tel : 01 53 21 85 51 Dimanche 10 Janvier 2010
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