Seules les dépenses d’automobiles ont résisté en février (+0,2%), aidées par la prime à la casse. En revanche, l’équipement du logement diminue (-1,2%), tiré vers le bas par la baisse du marché de l’immobilier. Quant au textile-cuir, il s’effondre de 8,7%, tombant à un plus bas depuis avril 2003 ! Ce secteur fait les frais de la volonté des ménages de repousser au maximum les achats non essentiels.
Plus globalement, le décrochage de la consommation en février s’explique de trois façons :
- Le recul du pouvoir d’achat des ménages qui s’explique lui-même essentiellement par la hausse très rapide du chômage ;
- Le niveau de confiance des ménages qui demeure extrêmement bas ;
- La chute de la production de crédits à la consommation (-16,9% en février sur 1 an d’après l’ASF) notamment liée au rationnement du crédit opéré par les prêteurs en raison de l’augmentation très forte du risque. Ce point est important dans la mesure où le crédit à la consommation ne joue pas, dans la crise actuelle, son rôle contracyclique. On ne peut qu’espérer que ce phénomène ne sera pas aggravé par certaines dispositions du projet de loi sur le crédit à la consommation, notamment concernant les taux d’usure.
Dans ce contexte délétère, le recul de l’inflation (passée de plus de 3,6% pendant l’été à moins de 1% aujourd’hui) ne peut même pas soutenir les dépenses. Ce qui renforce l’idée selon laquelle, dans ce contexte, les mesures de relance par la consommation sont inopérantes, alors que très coûteuses sur le plan des finances publiques. « On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif ».