Consommation des ménages (oct. 2009) - Moral des industriels (nov. 2009)Décidément, les consommateurs français gardent la foi. Les dépenses en produits manufacturés ont augmenté de 1,1% en octobre, après une très nette progression en septembre (+2,4%). Le glissement annuel s’établit dès lors à 3,5%, ce qui est franchement une très bonne performance eu égard au contexte économique. On se doit cependant d’introduire d’ores et déjà une note de prudence : la pérennité de ce mouvement est loin d’être certaine dans la mesure où le chômage continue de progresser alors que les évolutions salariales attendues au cours des prochains mois seront particulièrement faibles.
Le résultat qui attire l’attention dans cette publication est celui de l’équipement du foyer. Pénalisé par l’atonie du marché immobilier et par la prime à la casse (l’automobile concentre des dépenses importantes et concurrence donc frontalement un segment tel que celui du meuble), le secteur enregistre toutefois une hausse des dépenses de 2,2%, après +0,7% en septembre. On peut penser que l’électronique de loisirs se comporte raisonnablement bien à quelques encablures des fêtes de fin d’année, sur fond de baisse des prix et d’innovations technologiques permanentes. A noter également qu’un nouveau système d’exploitation informatique est sorti fin octobre, ce qui pourrait redonner du souffle aux ventes de PC.
L’automobile connaît un mois d’octobre un peu moins rayonnant (+0,6%), mais continue d’augmenter après les fastes de septembre (+10,2%). Le hic c’est que plus les achats augmenteront en cette fin d’année, plus ils risquent de chuter l’année prochaine avec la suppression par paliers de la prime à la casse. Mais la meilleure performance mensuelle est celle du textile-cuir, qui enregistre une progression de 2,6%, après +2,9% en septembre. Deux remarques toutefois. D’une part, le glissement annuel reste négatif (-0,5%), suggérant que la tendance de fond est mauvaise. D’autre part, ce chiffre a été dynamisé par des soldes flottantes, ce qui confirme l’opportunisme des consommateurs en ce qui concerne le textile-cuir. Les ménages ne passent à l’acte d’achat que lors des périodes de soldes ou de promotions, mettant ainsi à mal les marges des détaillants. Un mot pour finir sur le moral des industriels. Le moins que l’on puisse dire c’est que les chiffres de ce jour ne sont guère rassurants. Le climat de confiance est resté inchangé en novembre et reste toujours inférieur de 11 points à la moyenne de long terme de l’indicateur. Le problème, c’est que la demande n’est toujours pas au rendez-vous qu’elle soit étrangère ou domestique. Par ailleurs, le rebond que l’on escomptait du fait du restockage est bien moins impressionnant qu’on ne le pensait. Les stocks restant à bas niveau dans la mesure où les entreprises ne veulent pas bloquer de la trésorerie dans de la marchandise invendue. Les faibles perspectives de croissance et les évolutions erratiques des cours des principales matières premières sont bien entendu des handicaps de premier ordre. Dans ces conditions, s’il y a de fortes chances que l’année se termine plutôt bien d’un point de vue économique, l’inquiétude reste de mise pour le début d’année 2010. Les aides aux achats automobiles s’estomperont, le chômage continuera de progresser et l’épargne sera toujours privilégiée. De leur côté, les entreprises pourraient bénéficier de moins d’aides, notamment en ce qui concerne leurs dettes fiscales et sociales. En d’autres termes, plus que jamais 2010 s’annonce comme l’année de l’incertitude. Alexander LAW Chef Economiste Xerfi 13-15, rue de Calais 75009 Paris Tel : 01 53 21 85 51 Mercredi 25 Novembre 2009
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