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Croissance française : fin d'année en pente douce


Analyse des comptes nationaux trimestriels (premiers résultats) du quatrième trimestre 2010.



Alexander Law
Alexander Law
La fin d’année 2010 a été sans relief pour l’économie française. La croissance du PIB s’est ainsi établie à 0,3% au quatrième trimestre, soit autant qu’au cours des trois mois précédents. Le bilan pour l’ensemble de l’année est somme toute médiocre : certes, la France a renoué avec la croissance, mais la hausse du PIB de 1,5% est loin de compenser la dégringolade subie en 2009 (-2,5%). Surtout, on peine à distinguer les éléments susceptibles de donner un coup de fouet à la dynamique de l’économie. A la relance a succédé l’austérité et au rebond succède aujourd’hui l’enlisement. Au total, ces éléments ne laissent guère croire qu’une accélération de l’activité sera à l’ordre du jour en 2011. Faute de moteurs suffisamment autonome, la croissance française restera calée entre 1 et 1,5% cette année. C’est trop peu pour espérer faire baisser durablement le chômage. C’est trop peu, également, pour pouvoir affirmer que la crise est définitivement derrière nous.

Des phénomènes ponctuels ont pesé sur l’activité

La composition de cette croissance est marquée par la contribution particulièrement négative des stocks, dont la variation a ôté 0,8 point à la hausse du PIB en T4. Ce phénomène se concentre dans l’aéronautique et les biens intermédiaires. Dans le premier cas, on peut imaginer une liaison avec des livraisons d’appareils qui feraient baisser mécaniquement les stocks de produits finis. Dans le deuxième cas, il faut faire le lien avec le recul très marqué des importations (-1,2%) du fait des mouvements sociaux d’octobre, mais aussi des intempéries de la fin d’année dernière. Quoiqu’il en soit, l’évolution des stocks tout au long de 2010 est riche d’enseignements sur la timidité des chefs d’entreprise (malgré de bons soldes d’opinion) depuis la crise. Il est désormais hors de question de se retrouver avec des stocks qui pèsent sur la trésorerie lorsque la conjoncture se retourne. Désormais, le pilotage se fait au plus fin. Ainsi, si la variation de stocks a contribué négativement au PIB à hauteur de 1,8 point en 2009, elle n’a apporté que 0,1 point en 2010, année qui devait marquer un retour à la normale.

Bonne performance de la consommation… mais cela ne durera pas

La bonne nouvelle des chiffres de ce jour provient de la consommation des ménages, laquelle s’inscrit en hausse de 0,9%, confirmant une accélération progressive tout au long de l’année. Le bilan 2010 est plutôt flatteur avec une hausse de 1,6%. Une fois de plus, ce sont les dépenses des ménages qui ont soutenu le plus fermement la croissance française. Toutefois, ce mouvement ne parait pas voué à durer. D’une part, les (légères) tensions inflationnistes suffisent pour grignoter le pouvoir d’achat sur fond de hausse a minima des salaires (+0,2% en T4). D’autre part, l’austérité pèsera forcément avec la fin de mesures telles que la prime à la casse qui a dopé les achats de véhicules au cours des derniers mois de l’année. Enfin, la météo a eu une certaine influence en soutenant la consommation d’énergie. Quant à l’investissement, 2010 restera quoiqu’il en soit comme un mauvais cru. Pour les entreprises, la formation brute de capital fixe recule de 1,4%, après -7,9% en 2009. Du mieux est forcément attendu pour 2011, mais la prudence reste forcément de mise tant la conjoncture est incertaine.

Croissance française : fin d'année en pente douce
Alexander LAW
Chef Economiste
Xerfi
13-15, rue de Calais
75009 Paris
Tel : 01 53 21 85 51

Lundi 21 Février 2011
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