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Economie française (T4 2009)Voilà un chiffre bien flatteur pour l’économie française : au quatrième trimestre de 2009, la croissance du PIB s’est nettement accélérée pour s’élever à 0,6%.
Certes, sur l’ensemble de l’année, le résultat est désastreux : -2,2%. On n’avait pas fait pire depuis la Seconde Guerre Mondiale. Mais ce que l’on retient c’est que la France termine sur une dynamique nettement supérieure à celle de ses voisins : stagnation en Allemagne et au Royaume-Uni ou encore contraction en Espagne. Il serait toutefois indécent de se réjouir de la situation actuelle et de s’enorgueillir de cette comparaison. D’une part, les chiffres sont souvent révisés de manière significative (aussi bien à la hausse qu’à la baisse, il faut le dire), donc il est difficile de tirer de conclusion définitive de la publication de ce jour. D’autre part, cette « performance » est due en très large partie à une contribution très fortement positive des stocks : sans ces derniers, la variation du PIB aurait été négative à hauteur de 0,3%. Enfin, et c’est le plus important, l’économie française continue de détruire des emplois : 56 500 postes ont été perdus dans les secteurs marchands en fin d’année dernière après 76 100 au troisième trimestre.
Il y a bien entendu de bonnes nouvelles dans les chiffres de ce matin. Il faut retenir avant tout l’excellente performance de la consommation des ménages qui progresse de 0,9% d’un trimestre sur l’autre. Malgré la crise, les Français ont continué de dépenser, aidés en cela par un pouvoir d’achat en nette hausse sur l’année grâce à la modération de l’inflation en moyenne annuelle (+0,1% seulement). Les pouvoirs publics ont également apporté leur écot grâce à la prime à la casse qui a conduit à une explosion des immatriculations en fin d’année dernière. Les phénomènes de report ont également donné du lustre aux chiffres de janvier 2010, mais les derniers échos en provenance des concessionnaires font état d’un recul marqué des commandes depuis quelques jours. En d’autres termes, le soufflé devrait vite retomber, de sorte que la consommation serait en difficulté en 2010, d’autant plus que le pouvoir d’achat pourrait même baisser cette année du fait de la remontée de l’inflation et de la poursuite des destructions d’emplois. Du côté des entreprises, la situation reste franchement mauvaise. Il ne faut d’ailleurs pas se laisser tromper par la forte contribution positive des stocks : les entreprises ont continué de déstocker en fin d’année dernière. L’illusion statistique de la contribution nous vient tout simplement du fait que les entreprises ont déstocké moins rapidement qu’en T3. On conviendra que c’est une bien maigre consolation. Du côté de l’investissement, c’est toujours une morne plaine : la formation brute de capital fixe des entreprises non financières a reculé (-0,8%) pour le septième mois consécutif. On ne peut pas donner tort aux entreprises : face à une faible visibilité conjoncturelle et à une demande atone, il n’est pas étonnant qu’elles continuent d’alléger leurs stocks et de reporter leurs projets d’investissement. Malheureusement, cet attentisme se transmet également au marché de l’emploi : sur l’ensemble de 2009, les secteurs marchands auront détruit plus de 410 000 postes. Un mot pour terminer sur le commerce extérieur : ce dernier a ôté 0,7 point à la croissance du PIB en T4 sur fond de nette accélération des importations et d’atonie des exportations. De fait, la France souffre de la méforme économique de ses principaux partenaires (à commencer par l’Espagne et le Royaume-Uni) et a pâti de moindres livraisons d’Airbus. Par ailleurs, la bonne tenue de la consommation (notamment pour les petites voitures) a dopé d’autant les importations. Au final, si la performance de l’économie française au 4ème trimestre de 2009 paraît satisfaisante au premier abord, il convient de garder à l’esprit que les points fragiles restent légion. Dans ces conditions, nous conservons notre prévision d’un PIB en hausse de 1% au maximum cette année. Alexander LAW Chef Economiste Xerfi 13-15, rue de Calais 75009 Paris Tel : 01 53 21 85 51 Mercredi 10 Mars 2010
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