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Emploi salarié : une reprise sans envergureAnalyse de l’estimation flash de l’emploi salarié du quatrième trimestre 2010.
Le bilan est encore très insuffisant. Au quatrième trimestre 2010, l’économie française a créé 35 500 postes dans le secteur marchand après une hausse de seulement 19 200 entre juillet et septembre. C’est bien trop peu pour espérer faire reculer sensiblement et durablement le taux de chômage. Surtout, ces chiffres suggèrent que la croissance économique en fin d’année a été anémique.
Faute de visibilité, les chefs d’entreprise préfèrent reporter les embauches dans l’attente d’un réchauffement confirmé du climat conjoncturel. Sur l’ensemble de l’année 2010, les chiffres sont décevants : en termes nets, un peu moins de 110 000 postes ont été créés dans le secteur marchand après une baisse de 333 000 en 2009 (de même qu’un recul de 187 000 en 2008). Autrement dit, la sortie de crise est des plus poussives : tant que le marché de l’emploi sera aussi fragile, on ne pourra pas affirmer que l’économie française est tirée d’affaire. L’intérim tire l’ensemble La composition de la variation de l’emploi en fin d’année dernière interpelle également. Sur les 35 500 nouveaux postes, 24 000 sont issus de l’intérim (soit un peu plus des deux tiers). Lorsque l’on sait que ces emplois-là ont été les premiers sacrifiés au moment de la grande récession, on s’aperçoit que les entreprises reconstituent actuellement leurs variables d’ajustement en matière d’effectifs. L’acception traditionnelle de ce phénomène veut que ce ne soit là qu’une première étape avant des embauches sous une forme plus traditionnelle, mais ce mécanisme parait aujourd’hui partiellement enrayé. Une des conséquences les plus visibles de la crise est la flexibilisation (voire la précarisation) de l’emploi en France avec une part décroissante des CDI dans les nouveaux contrats de travail. Cette évolution a deux conséquences négatives : d’une part, le recours fréquent à l’intérim ne permet pas la constitution du capital humain au sein d’une entreprise. En ce sens, la solution d’un Kurzarbeit à l’allemande permet d’éviter cet écueil et de maintenir le lien entre le salarié et son entreprise, ce qui permet de gagner du temps au moment de la reprise. D’autre part, une composition moins « solide » du marché de l’emploi peut expliquer la timidité des dépenses des ménages, alors que ces dernières représentent aujourd’hui encore 60% du PIB de la France. Hors le tertiaire, point de salut Parmi les grandes catégories d’emploi, seul le tertiaire affiche une hausse au quatrième trimestre (+48 400, dont la moitié dans l’intérim qui peut également concerner des activités manufacturières). Dans l’industrie, l’hémorragie se poursuit avec le 39ème trimestre de baisse d’affilée (-9 000). Triste record. La construction affiche également une petite forme avec un repli de 3 900 postes : ce n’est pas anodin lorsque l’on songe que c’est ce secteur qui pendant longtemps qui a servi de pompier de service de l’emploi en France. Pour l’instant, le gros de l’incendie est éteint, mais le risque d’un retour de flammes n’est surtout pas à écarter. Retrouvez toute l'actualité du cash management dans notre magazine en ligne Global Treasury News www.globaltreasurynews.com
Alexander LAW
Chef Economiste Xerfi 13-15, rue de Calais 75009 Paris Tel : 01 53 21 85 51 Mercredi 16 Février 2011
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