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Enquête auprès des industriels - octobre 2010Le ressenti de la conjoncture s’améliore de nouveau pour les industriels français.
L’indicateur synthétique d’opinion des industriels dans l’industrie manufacturière s’accroît ainsi de 3 points pour s’établir à 102 points. Ce chiffre est significatif car l’indicateur repasse ainsi au-dessus de sa moyenne de long terme (qui se situe par construction à 100) et atteint son plus haut niveau depuis juin 2008. Il serait tentant d’en déduire que la situation est revenue à la normale et que la crise est enfin derrière nous. Ce serait trop réducteur : en août, la production restait inférieure de 9,3% à son niveau de juin 2008. En d’autres termes, les stigmates de la crise sont encore bel et bien visibles et nous sommes encore très loin d’avoir récupéré toute l’activité perdue. Pourquoi alors un tel hiatus entre indicateurs de confiance et indices d’activité ?
L’explication est de deux ordres : - il y a un effet rattrapage indéniable. La stabilisation puis le regain de l’activité ont été vécus comme une délivrance par les industriels après une crise sans précédent depuis la Seconde Guerre Mondiale. Même si la demande n’est pas exceptionnelle, elle est sans commune mesure avec ce qu’elle était au plus fort de la récession ; - la crise a fait des dégâts et a laminé une partie du tissu industriel. Mais ceux qui ont pu y résister bénéficient aujourd’hui de la normalisation progressive de la situation. Autrement dit, les entreprises survivantes ont pris les parts de marché de celles qui ont disparu : d’où un sentiment de confiance qui n’est pas tout à fait compatible avec un niveau d’activité qui est revenu à ses niveaux du milieu des années 1990. En ce sens là, nous sommes retournés 15 ans en arrière… Les composantes de l’indicateur d’ensemble sont elles aussi bien orientées. La production des dernières semaines a été tirée par l’amélioration de l’investissement mais aussi par le dynamisme de l’industrie allemande pour laquelle la France représente une sous-traitante de premier choix. Quant aux stocks ils sont plutôt légers ce qui signifie qu’un net ralentissement de la demande ne se traduirait plus forcément par un arrêt brutal de la production. Les carnets de commandes globaux sont pour leur part toujours assez dégarnis mais on constate une nette amélioration de la demande étrangère. Cette évolution pourrait toutefois être stoppée dans les prochains mois par l’appréciation de la devise européenne qui pénalise la compétitivité des exportations françaises hors de la zone euro. Force est de constater que les industriels français ont repris confiance ; les perspectives personnelles de production sont à leur plus haut depuis la mi-2008, alors que les perspectives générales (qui représentent une appréciation sur l’évolution attendue de l’activité dans l’ensemble de l’industrie sont également bien orientées. Pour notre part, nous sommes un peu plus circonspects. Les incertitudes restent légion dans un environnement conjoncturel plus marqué par l’austérité que par la célérité de l’activité. Mais le pire de la crise est passé, ce qui constitue en soi un réel motif de satisfaction.
Alexander LAW Chef Economiste Xerfi 13-15, rue de Calais 75009 Paris Tel : 01 53 21 85 51 Lundi 25 Octobre 2010
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