Prix à la consommation - décembre 2009Peu à peu, l’inflation retrouve de la vigueur dans l’Hexagone. Le mouvement reste bien entendu tout à fait convenable : en décembre, les prix se sont accrus de 0,9% par rapport à décembre 2008 et de 0,3% par rapport à novembre 2009. Mais il faut bien garder à l’esprit que toute progression des prix retire aussitôt du pouvoir d’achat aux ménages.
Or, l’écart entre l’inflation (en glissement annuel) de décembre et celle d’octobre dépasse 1 point de pourcentage : c’est autant de capacité à dépenser qui est retirée aux ménages. Bien entendu, les variations mensuelles, qui influent le plus sur les comportements en magasins restent sages, mais les faits sont têtus. Sur l’ensemble de 2009, l’inflation s’est élevée à 0,1% seulement, autant dire rien. En 2010, la variation devrait être supérieure à 1% en raison de simples effets de base (la comparaison avec le début d’année dernière étant particulièrement défavorable en raison des faibles cours du pétrole à l’époque). En d’autres termes, il s’agit d’une très mauvaise nouvelle pour le pouvoir d’achat et donc pour la consommation des ménages : nous estimons ainsi que les dépenses privées pourraient reculer de 0,1% cette année sur fond de poursuite de la dégradation du marché de l’emploi et de maigres revalorisations salariales.
Comme souvent, les évolutions les plus spectaculaires concernent les prix de l’énergie et du tabac. Dans ce dernier cas, le prix des cigarettes avait été relevé de 6% à la mi-novembre 2009, donc la hausse enregistrée en décembre correspond simplement à l’application de ces tarifs sur un mois plein. En ce qui concerne l’énergie, les prix des produits pétroliers augmentent désormais franchement sur un an et la tendance va s’accélérer au cours des prochains mois. Les prix des services augmentent quant à eux de manière saisonnière, mais la progression sur un an reste tout à fait tolérable (+1,9%), ce qui signifie que les salaires progressent encore assez peu. Les prix des produits manufacturés ont reculé de 0,1% en glissement annuel à l’approche des fêtes de fin d’année, signe que la conjoncture reste fragile. De fait, sur l’ensemble de l’année, les prix des produits manufacturés ont reculé de 0,1% sous l’effet des innovations technologiques, de la vigueur de l’euro, de la concurrence internationale… et de l’atonie de la demande. Pour sa part, le sous-jacent reste dans une zone confortable, à 1,8%, en-deçà de la cible de 2%. Nous estimons que cet indicateur va décélérer progressivement au cours des prochains mois en raison d’une conjoncture médiocre. Car, même si le PIB devrait progresser de 0,8% en 2010 après le plongeon de 2009, la situation économique de la France reste des plus préoccupantes.
Dernière actualisation : 13 janvier 2010
Alexander LAW
Chef Economiste Xerfi 13-15, rue de Calais 75009 Paris Tel : 01 53 21 85 51 Mercredi 20 Janvier 2010
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