Prix à la consommation - novembre 2009Cela devait bien finir par arriver : les prix à la consommation sont repartis en hausse sur un an en novembre, interrompant une baisse qui aura duré 6 mois au total.
Sur un mois, les prix augmentent d’un dixième de point (+ 0,3% lorsque les données sont corrigées des variations saisonnières). Mais soyons clairs d’emblée, malgré l’importante création monétaire à l’échelle internationale, aucun dérapage inflationniste n’est à craindre au cours des prochains mois et encore moins une transmission de la hausse de l’inflation aux salaires.
En revanche, nous anticipons tout naturellement une poursuite de la remontée des prix sur un an au cours des prochains mois du seul fait des effets de base liés à l’évolution du cours du baril. L’inflation sous-jacente (c'est-à-dire celle qui élimine les produits aux évolutions tarifaires par nature erratiques) restera en revanche à marée très basse. La victime de ces évolutions disparates sera donc forcément le pouvoir d’achat que nous attendons en baisse sur l’ensemble de 2010. La menace se précise donc autour d’une consommation des ménages, qui avait vaillamment résisté pendant toute la durée de la récession. Au milieu de la crise, la question des prix à la consommation a été un peu oubliée, tant la chute des autres indicateurs (PIB, investissement, production industrielle, chômage…) a monopolisé les débats. Mais il n’en demeure pas moins que la problématique de l’inflation reste essentielle. Même si d’aucuns voient dans les politiques monétaires menées à l’échelle internationale une source toute trouvée de tensions inflationnistes à courte échéance, nous estimons qu’il n’en est rien. Bien au contraire. Les océans de liquidités devront bien être absorbés, mais ce seront quelques actifs qui devront en supporter le poids (les matières premières constituent à cet égard un candidat idéal). Cela étant, la pression sur le coût du travail et sur les prix des produits manufacturés reste fortement baissière… et les détaillants devront sacrifier leurs marges afin d’appâter les consommateurs. En d’autres termes, si l’on n’y prend pas garde, nous nous dirigeons tout droit vers un monde où les prix de quelques actifs vont flamber, alors que pour les autres produits… et les salaires, les forces à l’œuvre seront plutôt déflationnistes. Bref, la question du pouvoir d’achat va redevenir centrale dès 2010. Les évolutions sectorielles des prix sont plutôt conformes aux traditions saisonnières. Dans les services, on note le recul de tarifs liés au tourisme avant l’ouverture de la saison de ski. Les produits manufacturés restent quant à eux déflationnistes (-0,4% sur un mois), une situation qui ne devrait pas spécialement évoluer au cours des prochains mois. Un mot pour finir sur l’inflation sous-jacente. Celle-ci reste très sage à +1,7%. Nous l’avons dit, la probabilité de voir s’envoler cet indicateur est plus que réduite – d’ailleurs il fait preuve d’une stabilité remarquable au cours des dernières années, même lorsque les cours des matières premières s’étaient envolés. Nous estimons que le sous-jacent devrait progressivement ralentir au cours des prochains trimestres sur fond d’atonie de l’activité économique. Prix à la consommation en France Taux de croissance en GA (%) – Données mensuelles – Source : INSEE
Dernière actualisation : 15 décembre 2009
Alexander LAW
Chef Economiste Xerfi 13-15, rue de Calais 75009 Paris Tel : 01 53 21 85 51 Mardi 15 Décembre 2009
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