Production industrielle - décembre 2009Triste fin d’année 2009 pour l’industrie française.
La production manufacturière a reculé de 0,8% en décembre, tandis que l’activité d’ensemble ne baissait que de 0,1% tirée par l’énergie du fait de la vague de froid. Pour ne rien arranger, le mois de novembre a été fortement révisé à la baisse : dans la branche manufacturière, la progression a été ramenée à 0,8% contre 1,6% annoncé en première instance.
Quoiqu’il en soit, 2009 restera comme une année noire pour l’industrie française : la production d’ensemble s’est ainsi écroulée de 11,9% en moyenne sur l’année, un recul qui atteint même 13% pour la partie manufacturière. Mais ce qui est le plus inquiétant c’est que la fin d’année n’a pas franchement été bonne. L’activité n’a augmenté que d’un minuscule 0,1%, signalant que la reprise que l’on nous promettait manque singulièrement d’envergure. Forcément, l’industrie française a pâti de la petite forme de son homologue allemande pour laquelle elle joue essentiellement un rôle de sous-traitant. Plus fondamentalement, nos entreprises, après avoir terminé leur déstockage, ne voient pas la nécessité de reconstituer leurs stocks pour la bonne et simple raison qu’il n’y a toujours pas de demande en face. La publication de ce jour peut d’ailleurs paraître contradictoire avec d’autres données sorties récemment et en premier lieu les PMI. Toutefois, les indices de directeurs d’achats n’indiquent que des variations de la tendance, mais ne peuvent pas refléter la faiblesse des niveaux actuels d’activité. Or, les carnets de commandes étant dégarnis, il n’est nul besoin d’un niveau de production nettement supérieur pour répondre à une demande asthénique. On peut d’ailleurs légitimement s’inquiéter de l’état de l’investissement dans l’économie française : tout porte à croire qu’il est resté à l’arrêt, sachant que les entreprises manquent singulièrement de visibilité et sont soucieuses de préserver leur trésorerie. L’analyse secteur par secteur est plutôt déprimante. Un mot simplement sur l’automobile qui a vécu sa cinquième année de baisse consécutive de la production en 2009 (-20,9% après -13,3% en 2008…). La « grande récession » n’a fait que cristalliser une crise qui existait déjà : on aura beau multiplier les discours pour assurer la pérennité de la production de véhicules labellisés « made in France », mais l’honnêteté exige de dire que la base industrielle du secteur est vouée à se réduire un peu plus au cours des prochaines années. Tout compte fait, en 2009, un seul grand secteur a vu sa production augmenter : l’eau et l’assainissement. Pour le reste, la crise a été d’une ampleur exceptionnelle Les chiffres publiés ce matin servent de piqûre de rappel : on ne sort pas d’une récession comme celle que nous venons de vivre d’un simple claquement de doigts. Les dégâts portés au tissu industriel prendront des années à être réparés : pour certains secteurs, ils seront même irréversibles. D’un point de vue plus conjoncturel, ils indiquent que la France commence 2010 dans une meilleure santé économique que l’année passée à la même époque, mais qu’elle n’en demeure pas moins très fragile. Ainsi, nous prévoyons une croissance du PIB qui ne dépasserait pas 1% cette année. C’est peu, certes, mais ce serait déjà un moindre mal. Alexander LAW Chef Economiste Xerfi 13-15, rue de Calais 75009 Paris Tel : 01 53 21 85 51 Mercredi 3 Mars 2010
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