Vendredi 10 Juillet 2009
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Production industrielle et commerce extérieur en novembre 2008

Etude XERFI du 9 janvier 2009 sur la production industrielle et le commerce extérieur en novembre 2008.


L’industrie française a poursuivi son effondrement en novembre.
La production industrielle a ainsi reculé de 2,4% sur un mois (après -3,7% en octobre), tandis que la branche manufacturière perdait 3,1%. Dans ce dernier cas, le glissement annuel plonge de manière vertigineuse à -10,6%. Les statistiques ne font pas état d’une chute aussi brutale dans l’histoire récente de l‘industrie française. Hélas, les chiffres du commerce extérieur ne sont guère plus encourageants : le déficit reste abyssal (près de 6,3 milliards d’euros) et ne doit sa réduction par rapport à octobre qu’à la chute des importations. La fin d’année dernière a donc été très pénible pour l’économie française. La fermeture provisoire de la plupart des usines automobiles sur le territoire a plombé l’activité d’ensemble et ne sera pas sans conséquences sur les chiffres de la croissance de T4. La France n’a pas échappé à une baisse du PIB sur les trois derniers mois de l’année et il y a de fortes chances pour que ce repli ait été considérable.

Inutile d’en dire trop sur la santé précaire du secteur automobile en France.
Sur un mois, l’activité recule de 8,1%, après une baisse de près d’un quart en octobre. Nous savons déjà que décembre n’aura pas été meilleur. Les usines reprennent le travail progressivement en janvier, donc il y aura forcément une correction haussière en ce début d’année, mais elle ne devrait pas être de nature à compenser intégralement la perte d’activité de ces derniers mois. Au-delà de l’aspect conjoncturel de la morosité de la demande de véhicules en Europe de l’Ouest, la crise actuelle pose avec une acuité plus grande la question de l’avenir de l’industrie automobile française. Il s’agit là d’un maillon essentiel de notre chaîne industrielle, car le secteur fait vivre une myriade de fournisseurs en amont, allant de l’acier au plastique en passant par le caoutchouc au textile, sans oublier les composants électroniques ou le verre. On comprend dès lors la volonté de sauver cet acteur essentiel coûte que coûte. Mais, après avoir délocalisé leurs modèles d’entrée de gamme, il reste à savoir si les constructeurs français sont suffisamment compétitifs sur les véhicules de plus haut standing (allant de la moyenne supérieure au haut de gamme) pour pouvoir garantir à long terme la pérennité de l’ensemble de leurs sites français.

Les biens intermédiaires sont également au plus mal (-5,6% en novembre), sous l’effet de la chute de la production des produits chimiques et métalliques.
Pas de hasard à cela : il s’agit de segments qui sont très sensibles aux soubresauts de la conjoncture internationale et du secteur automobile… En revanche, les biens d’équipement « limitent la casse » avec un repli limité à 0,5% grâce à la résistance des matériels de transport professionnels. Ces derniers conservent des carnets de commandes bien garnis malgré des menaces de reports de livraisons.

Comment ne pas souligner enfin la bonne tenue des biens de consommation du fait de la hausse sensible dans les produits pharmaceutiques, de parfumerie et d’entretien. Il s’agit là d’un pôle fort de compétence français qui résiste pour l’heure à la crise. D’ailleurs, le secteur pharmaceutique fait partie des rares pour lesquels les exportations continuent de progresser (en particulier vers les Etats-Unis.)

Sur le front du commerce extérieur, les nouvelles ne sont pas plus rassurantes.
Les exportations se sont à nouveau fortement contractées, tandis que les importations chutaient en raison de la baisse des prix des matières énergétiques importées et d’un fort ralentissement des approvisionnements de l’industrie en biens intermédiaires. De ce pas, la France s’achemine vers un déficit commercial de près de 60 milliards d’euros en 2008, contre un solde négatif à hauteur de 40,4 milliards en 2007.

De janvier à novembre, la France a cumulé un déficit de plus de 52,5 milliards d’euros, ce qui correspond à une dégradation de 16,7 milliards de la balance commerciale par rapport à la même période de 2007. Certes, la flambée des prix des produits énergétiques intervenue au premier semestre est le premier responsable de cette dégradation. Mais l’industrie y a également contribué. En effet, mis à part une amélioration de l’excédent dans les biens d’équipement (merci Airbus), on a observé en 2008 une dégradation de 1,1 milliard dans le secteur des biens intermédiaires. Par ailleurs, le secteur automobile, autrefois fleuron de l’industrie française, sera, pour la première fois de son histoire, déficitaire en 2008.

La baisse d’activité a donc été très brutale en fin d’année dernière, entraînant une contraction assez violente du PIB.
Ceci étant, sachant que cela était lié en partie à des fermetures d’usines, il y aura mécaniquement une amélioration de la production industrielle début 2009. Mais la demande restera atone, crise économique oblige. Dans ces conditions, la seule éclaircie à attendre sur le front du commerce extérieur proviendra de la baisse des importations. Laquelle baisse ne sera malheureusement que le reflet du ralentissement de l’économie française.

Rédacteur : Alexander Law, Chef Economiste
Avec la collaboration d’Alberto Balboni, responsable conjoncture internationale


www.xerfi.com


Vendredi 09 Janvier 2009


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