Edition du jeudi 11mars 2010 - ISSN n° 2105-0872 - CFO-news® - Communauté Finance Opérationnelle
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Xerfi : enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages - décembre 2008

La crise s’est véritablement installée dans les esprits. En décembre, l’indicateur résumé d’opinion des ménages a reculé de 1 point pour s’établir à -44, contre -30 l’année précédente à la même époque.


Il est vrai que les informations économiques de la fin d’année ont été particulièrement éprouvantes : remontée en flèche du chômage, annonces de plans sociaux multiples, débâcle de l’industrie… A côté, la bonne nouvelle que représente la baisse de l’inflation n’a pas pesé bien lourd, même si elle soulage quelque peu le portefeuille des Français.

De toute manière, cette persistance d’un moral au plus bas rappelle une des caractéristiques majeures d’une récession, à savoir son caractère auto-entretenu. A mesure que les acteurs de la vie économique (les consommateurs et les entreprises) se persuadent que la situation va empirer, ils modifient leur comportement en conséquence. Or, l’équation est cruellement simple : moins de consommation et moins d’investissement = moins de croissance. Il devient donc urgent de trouver un moyen de redonner confiance aux ménages, car sans foi en l’avenir on ne pourra pas espérer qu’ils engagent à nouveau de lourdes dépenses. Un secteur comme l’automobile, par exemple, est en train de payer un tribut extrêmement lourd à la crise de confiance désormais généralisée dans l’économie française.

Il n’y a guère d’évolution majeure à signaler dans les composantes de l’indicateur résumé à l’exception des perspectives d’évolutions du niveau de vie en France qui se dégradent assez sensiblement. En d’autres termes, à l’heure actuelle, la crise économique constitue autant une crainte qu’une réalité tangible pour les ménages. La peur de se retrouver au chômage (les perspectives d’évolution de ce point de vue gagnent quatre points) ou de ne pas voir ses revenus augmenter tétanise ainsi les comportements de consommation, ce qui explique que les Français soient plus nombreux à estimer que le moment est opportun pour épargner (le solde y afférant augmente ainsi de 6 points, retrouvant son niveau le plus haut depuis juillet), même s’ils pensent en avoir moins les moyens. Or, une remontée de l’épargne de précaution serait une très mauvaise nouvelle pour l’économie française : le taux d’épargne est déjà très élevé et il est absolument indispensable que la consommation ne lâche pas pour espérer une reprise de la croissance à partir de l’été. Dans ces conditions, il est évident que s’il y a un geste du gouvernement en faveur des dépenses des ménages, il devra être très ciblé vers les individus à la propension à consommer la plus importante (en d’autres termes, les revenus les plus modestes).

La bonne nouvelle c’est que les Français ont bien ressenti que l’inflation s’était modérée, notamment du côté des prix à la pompe. Le solde relatif à l’évolution passée des prix a ainsi reculé de 12 points pour retrouver son plus faible niveau depuis l’été 2007, à une époque où l’inflation dépassait à peine 1%. Ce qui est encore plus rassurant, c’est que es ménages ne pensent pas que les prix vont regrimper de sitôt. Or, cette désinflation va redonner un bol d’air à un pouvoir d’achat bien souffreteux du fait de la remontée du chômage et de la modestie des revalorisations salariales. Dans ces conditions, un rebond de la consommation des ménages à compter de l’été demeure tout à fait plausible.

Non, la France n’est pas encore condamnée à connaître une baisse de son PIB en 2009. Mais à mesure que la crise de confiance se prolonge, le risque d’une récession dure s’accroît. Nous continuons ainsi de tabler sur une croissance autour de 0,5% cette année (après +0,9% en 2008), tout en sachant que l’écrasante majorité des aléas qui pèsent sur ce scénario sont baissiers.

Alexander Law
Chef Economiste

www.xerfi.com


Mercredi 7 Janvier 2009




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