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Suisse : Zoug est le canton le plus attractif pour les entreprisesPublié sous cette forme depuis 2004, l'indicateur de qualité de la localisation (IQL) élaboré par le Credit Suisse est axé sur les potentialités à long terme des cantons et des régions suisses. L'édition 2008 montre que les mesures fiscales ont considérablement amélioré l'attractivité de certains cantons au cours des dernières années.
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Les changements dans le classement des cantons sont surtout intervenus en milieu de tableau, les positions en tête et en queue de peloton restant, quant à elles, stables. Une fois de plus, Zoug et Zurich sont les cantons les mieux placés; ils sont suivis par Nidwald et Obwald, ce dernier canton étant celui qui, depuis 2004, a le plus progressé. Signe d'une polarisation accrue dans la qualité des localisations, le milieu de tableau compte désormais trois cantons de moins. S'agissant des régions économiques suisses, des différences notables subsistent au sein même de certains cantons.
Il n'existe guère de pays faisant jouer la concurrence entre les sites à une échelle aussi locale qu'en Suisse. Alors qu'au plan mondial, ce sont les pays et les métropoles qui cherchent à attirer les entreprises et les particuliers, la Suisse fédéraliste connaît, elle, une compétition entre cantons, voire entre communes. Les conditions qu'une localisation offre aux nouveaux arrivants potentiels sont au coeur du problème. Avec son indicateur de qualité de la localisation (IQL), le Credit Suisse propose une mesure objective de l'attractivité d'un site économique. L'IQL fournit en outre des indications sur le potentiel économique à long terme des cantons et des régions suisses. Calculé par les économistes du Credit Suisse sur la base des données des quelques 2 700 communes de Suisse, l'IQL inclut les cinq principaux facteurs de réussite pouvant être mesurés quantitativement dans la concurrence entre localisations: imposition des personnes physiques et des personnes morales, niveau de formation de la population, présence de personnel hautement qualifié et axes de communication. Les facteurs de localisation subjectifs - beauté du paysage, qualité des services publics, etc. - ne sont pas pris en compte dans le calcul de l'IQL car ils ne se prêtent guère à une évaluation quantitative et relèvent généralement de jugements de valeur. Environnement propice aux baisses d'impôts La longue période de conjoncture favorable et le produit des ventes d'or de la Banque nationale suisse (BNS) ont sensiblement amélioré la situation financière de certains cantons. Par ailleurs, la séparation entre les paiements compensatoires et la politique financière des cantons consécutive à la réforme de la péréquation financière et de la répartition des tâches (RPT) a éliminé les incitations fiscales aberrantes. La plupart des cantons ont profité de ce climat favorable pour investir, à travers des baisses d'impôts, dans l'attractivité de leur localisation. Changements en milieu de tableau, stabilité dans le haut du classement Depuis le lancement du nouvel IQL en 2004, les quelques changements notables s'étant produits dans la qualité de la localisation des cantons ont concerné avant tout le milieu de tableau, alors que le haut et le bas du classement n'ont guère connu que des changements mineurs. Précédant Zurich, Zoug arrive une nouvelle fois en tête. Nidwald reste au troisième rang, mais son avance sur le canton d'Obwald, quatrième, a fondu, de sorte qu'il se retrouve presque à égalité avec son voisin. Avec un gain de neuf rangs depuis 2004, Obwald est de loin le canton ayant le plus progressé. La présence parmi les six premiers de quatre cantons de Suisse centrale reflète la forte attractivité de cette grande région. Les taux de croissance élevés de ces dernières années au niveau de l'emploi et de la population traduisent les succès de ces cantons dans la concurrence interlocalisations. Grâce à leur fonction de centre et à la très bonne accessibilité qui en découle ainsi qu'à une abondante main-d'oeuvre hautement qualifiée, les cantons de Genève et de Bâle-Ville se situent, eux aussi, nettement au-dessus de la moyenne. Le milieu du tableau - avec des valeurs IQL comprises entre -0,3 et +0,3 - compte actuellement huit cantons, soit trois de moins qu'en 2004, signe que la polarisation des localisations s'est renforcée. Les gains d'attractivité liés aux baisses d'impôts en sont la première cause. Les combinaisons différenciées de forces et de faiblesses permettent aux cantons figurant en milieu de tableau de suivre des stratégies de niche dans la concurrence entre localisations. Soleure, par exemple, présente une qualité de localisation moyenne, mais affiche une attractivité supérieure à la moyenne en termes d'accessibilité. Le bas du tableau regroupe les cantons à topographie difficile situés à l'écart des grands centres suisses et étrangers. Parmi les mesures d'optimisation possibles figurent les investissements ciblés dans la formation et les infrastructures de transport ainsi que les allégements fiscaux. Ces recettes de succès ne sont toutefois pas valables telles quelles pour toutes les régions. L'exemple des cantons touristiques des Grisons et du Valais montre qu'à côté de handicaps dans la concurrence interlocalisations, une topographie difficile peut aussi être transformée en atout. Concurrence interlocalisations marquée par des différences régionales L'activité économique ignore les frontières politiques. Ainsi, l'analyse de la qualité de localisation à l'échelon régional traduit encore mieux qu'au niveau cantonal les profils d'attractivité différenciés des régions suisses. Les grands cantons notamment englobent des régions à l'attractivité très variable. L'Oberland bernois, l'Entlebuch lucernois ou le Pays d'Enhaut dans le canton de Vaud affichent par exemple des valeurs IQL sensiblement inférieures à celles des régions moins excentrées de ces mêmes cantons. Les cantons hétérogènes se trouvent donc confrontés à de grands défis en ce sens qu'une politique fiscale et de localisation uniforme ne peut guère répondre à l'ensemble de leurs besoins. La concurrence entre localisations prépare les régions à la mondialisation Les Etats centralisés ne connaissent souvent la concurrence interlocalisations qu'à l'échelon international, les régions du pays étant toutes soumises à la même politique fiscale et de localisation. En Suisse, les compétences étendues des cantons et des communes en matière de politique fiscale, de formation et d'infrastructures ont, au contraire, fait naître une intense concurrence à l'échelon inférieur. Les organes de décision politiques d'une place économique se doivent donc de porter une attention constante aux conditions qu'ils offrent. Cette «intériorisation» de la concurrence a conduit à une utilisation relativement efficace des instruments fiscaux et donné aux décideurs l'habitude d'opter pour des solutions centrées sur la concurrence. Avec les nouvelles ouvertures de frontières et le durcissement de la concurrence mondiale entre localisations, les régions suisses ne peuvent que profiter de cette expérience. Renseignements: * Thomas Rühl, Economic Research www.credit-suisse.com Lundi 26 Mai 2008
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